Atelier stratégique sur l’approche BIM et la compétitivité de l’industrie de la construction

Le GRIDD, en collaboration avec le groupe BIM du Québec, le Ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation (MESI) et le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie (CRSNG), a tenu les 1 et 2 février 2018, dans le cadre de la démarche de la table multisectorielle sur le BIM, un atelier stratégique sur le rôle de l’approche de modélisation des données du bâtiment (BIM) au service de la compétitivité de l’industrie de la construction.

Documents

Pourquoi cet atelier?

L’industrie de la construction, qui représente 20% du produit intérieur brut du Canada (construction et immobilier réunis), constitue un des piliers de l’économie canadienne et génère une valeur significative pour la société. Mais des études récentes ont montré que cette industrie affiche des taux de productivité assez faibles, comparée à d’autres industries manufacturières. Les mêmes études estiment que pour être compétitive sur le marché local et Nord-Américain, elle a besoin de réaliser des gains en productivité passant notamment par l’adoption de nouvelles approches technologiques permettant une meilleure collaboration, l’élimination des activités à faible valeur ajoutée et l’obtention d’une meilleure intégration des flux de travail, de matériaux et d’information. L’approche de modélisation des données du bâtiment (en anglais BIM pour Building Information Management), de plus en plus adoptée dans l’industrie de la construction, est au cœur de ces approches innovantes. Sa valeur ajoutée potentielle a été démontrée par plusieurs travaux de recherche à travers le monde : plusieurs grandes firmes d’architecture, d’ingénierie et de construction l’ont intégrée à leurs pratiques, au Canada comme partout dans le monde. Mais si plusieurs gouvernements ou agences gouvernementales ont rendu son utilisation obligatoire dans plusieurs pays (États-Unis, Angleterre, Finlande, etc.), sa diffusion et son adoption au Canada font encore face à des défis et des obstacles importants. En conséquence, l’industrie canadienne de la construction connait un retard important dans sa transition grâce au numérique vers une plus grande intégration des tâches et des rôles de design, ingénierie, construction et maintenance des bâtiments.

Une approche efficace pour réduire ce retard consiste à apprendre des expériences et des bonnes pratiques d’autres pays ayant un contexte similaire. Dans cette optique, deux initiatives majeures ont été menées ces dernières années :1) une comparaison des expériences et contextes du Québec et de la Finlande en matière d’adoption de l’approche BIM ; et 2) une analyse comparative du rôle des associations professionnelles dans la diffusion de l’approche BIM dans les contextes du Luxembourg et du Québec. Si ces différents travaux ont fait l’objet de publications académiques, les résultats n’ont jusqu’ici pas été présentés à l’ensemble des représentants de l’industrie de manière à pouvoir définir ensemble les actions à prendre et insuffler un nouvelle dynamique collective. Plusieurs études ont montré que, pour minimiser les risques liés à l’implémentation du BIM à l’échelle nationale, il est nécessaire d’avoir une bonne implication et une collaboration entre le milieu académique, le monde professionnel et les organismes gouvernementaux ; la Finlande en est le stéréotype.

Objectif de l’atelier

L’objectif de cet atelier stratégique était de réunir autour de la table les représentants des trois domaines académique, professionnel et gouvernemental afin de présenter les résultats développement en matière de BIM au Québec, de donner l’occasion aux experts BIM du Canada et d’autres pays souvent cités en exemple, et de permettre aux représentants de l’industrie canadienne de la construction de discuter des actions à prendre, des priorités de recherche et développement ainsi que des synergies de collaboration à créer. Cet atelier arrivait à un moment particulièrement intéressant caractérisé par une démarche conjointe du Ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation (MESI), de BIM Québec et de la Chaire Pomerleau de l’ÉTS pour développer une stratégie 2030 pour la digitalisation de la construction.

Les commentaires sont clos.